Galilée et le prix du doute…

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« Ce que nous vivons actuellement avec le réchauffement climatique a d’étonnantes similitudes avec ce qu’a vécu Galilée à son époque : bien que ne possédant pas de preuve directe, ses observations scientifiques l’ont amené à soutenir le modèle héliocentrique du système solaire. Le fameux procès qui s’en est suivi n’a pas été d’ordre scientifique, mais idéologique. Les tenants de l’ordre établi craignaient de perdre leurs acquis. Mais l’on ne peut pas tricher longtemps avec les faits. » écrivait Steeve Tanner, dans l’Edito du journal d’A Rocha Suisse, spécial « Climat » de ce mois d’octobre. Puis il poursuivait « Aujourd’hui, nous assistons au même phénomène… »

Aujourd’hui, il est bien établi que le Climat est dans une phase de réchauffement, ce n’est plus un sujet de doute ni de scepticisme.
Que des facteurs multiples aux interactions complexes interviennent dans ce réchauffement, cycles solaires, variabilité d’orbites, modifications atmosphériques d’origine naturelle et humaine etc, c’est également bien reconnu et attesté

Alors pourquoi encore tant doute, tant de scepticisme ?

S’il ne s’agissait que de l’influence relative de chacun de ces facteurs, une bataille d’expert sur le changement climatique n’intéresserait pas grand monde !

Mais c’est l’impact de l’activité humaine dans ce processus qui rend le sujet tout de suite plus sensible !

Pointer à outrance les effets du développement industriel, d’une surconsommation irréversible des ressources non renouvelables ne risque-t-il pas de nourrir un fatalisme inéluctable ?

A l’inverse, les minimiser jusqu’à les nier ne serait-ce pas s’installer dans une résistance à remettre en question une vision du monde, un système économique et social, un mode de vie ?

Prêcher la catastrophe, ou semer le doute, deux attitudes en apparence contradictoires produisent au bout du compte un effet similaire, une forme d’immobilisme conservateur et stérile.

Tournant résolument le dos à ce pessimisme dépassé ou en passe de l’être, un consensus de plus en plus marqué s’exprime aux travers des déclarations émanant de sensibilités religieuses ou laïques variées.
Il nous invite à agir et à espérer, avec réalisme et optimisme.

Un réalisme éclairé par le doute, cette capacité à ne pas se satisfaire d’affirmations plus ou moins approximatives ou manipulées.
Un optimisme réaliste et joyeux, fondé non sur quelque utopie fumeuse mais sur une saine compréhension de la mission confiée à l’humanité, à chacun de nous :
Garder et cultiver le jardin, pour le bien de la maison commune.

Climato-septique, climato-fataliste ?
Le temps n’est plus aux doutes inhibiteurs ni au catastrophisme tout aussi démobilisateur.
L’urgence est à l’engagement, éclairé des incertitudes certes mais conscient des enjeux majeurs et fondé sur l’espérance de la bienveillance du Créateur.
Du moins est-ce là mon rêve… ou mon espoir !

 

Jean-Pierre CHARLEMAGNE

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