La montée en puissance de la Chine

Un article du blog d’A Rocha Planetwise par Dave Bookless – 21 août 2017

Je reviens juste d’une série de conférences que j’ai données à Hong Kong, Beijing et Yanji (Nord-est de la Chine). Aborder des sujets de durabilité environnementale avec des étudiants et des professeurs dans trois régions si différentes m’a incité à voir le rôle actuel de la Chine dans le monde sous un angle nouveau. La réflexion suivante sera forcément subjective.

Travailleurs installant certains des 23 000 panneaux solaires photovoltaïques sur les toits du terminal ferroviaire d’Hongqiao à Shanghai. © Jiri Rezac 2010 (CC BY-NC-SA 2.0)

Mes premières impressions: la Chine évolue rapidement à de nombreux niveaux. La vitesse de sa croissance et de son évolution est spectaculaire. En arrivant à Beijing notre avion a atterri en même temps que deux autres sur des pistes parallèles, ensuite notre taxi a réussi à prendre la sixième rocade, puis la 5ème et ainsi de suite jusqu’au centre de la ville. Les liaisons ferroviaires à grande vitesse se développent rapidement et le métro à Beijing est l’un des plus efficace, propre, rapide et facile à prendre que j’ai connu (et aussi bon marché!).

Qu’elle s’étende vers les mers de Chine méridionale ou construise des chemins de fer et des usines en Afrique et en Amérique du Sud, la Chine est devenue la nouvelle superpuissance globale. Au XIXème siècle c’était l’Angleterre, la France et l’Allemagne qui menaient le jeu, puis ce fut au tour des USA et la Russie au XXème, alors que maintenant, la Chine affiche clairement son leadership économique face au reste du monde. Ceci veut aussi dire que ce pays a un énorme pouvoir sur l’environnement: celui de le respecter ou de le détruire. On peut déjà en voir les conséquences.

La rapidité des changements économiques a sorti des millions de gens de la pauvreté mais à un coût social et environnemental énorme. On m’a dit que le travail éloigne les gens de leur propre famille, ce qui fait que les personnes âgées en milieu rural se sentent délaissées tandis que les pressions pour prospérer sont accablantes. Le matérialisme basé sur la consommation est devenu rapidement une règle urbaine tacite en Chine. La pollution dans les villes chinoises a atteint des niveaux toxiques et les effets des changements climatiques et du déboisement sur des phénomènes météorologiques extrêmes tels que les inondations, les glissements de terrain et les tempêtes de poussière, sont dévastateurs.

Pendant que j’étais en Chine, j’ai appris que le président Trump retirait son pays de l’Accord de Paris sur le climat. La réponse de la Chine à cette décision a été immédiate et sans équivoque : elle s’engage à collaborer avec l’UE et avec d’autres nations pour arriver à un consensus global et mettre en application l’Accord de Paris. La Chine a connu une évolution remarquable du point de vue de l’environnement, grâce à des mesures que seule une économie centralisée peut prendre. Il y a dix ans, on entendait parler des centrales à charbon tout le temps, alors que maintenant, comme le rapporte Forbes «l’industrie du charbon en Chine est en train de péricliter à cause de la pollution qu’elle génère»; le Financial Times nous avertit «que les secteurs de l’aluminium et du charbon seront ébranlés par de nouvelles politiques chinoises en faveur d’une meilleure qualité de l’air». En 2016, la Chine a développé plus d’énergies renouvelables en un an que l’Allemagne, ce qui a représenté 25% de sa production totale d’énergie [*]. Il reste encore beaucoup à faire, notamment dans le domaine de la protection de la biodiversité et du commerce des espèces menacées d’extinction, mais certains récits récents montrent que les choses changent aussi de façon positive dans ces deux domaines.

Face à tout cela que fait l’Église chinoise? Les évaluations chiffrées varient, de nombreux Chinois fréquentent des «églises de maison» clandestines plutôt que le Mouvement des trois autonomies officiel et les églises catholiques, mais certaines estimations rapportent qu’au moins 10% des Chinois de la Chine continentale sont désormais chrétiens. Le gouvernement tente prudemment de contrôler la religion et a récemment essayé de persuader les églises de maison de devenir officielles. Cette tendance fait que la religion devient souvent très personnelle afin d’éviter de tomber dans la sphère politique, et très peu de gens considèrent la Bible comme un moyen d’aborder les problèmes environnementaux, économiques ou de modifier leur mode de vie. Pourtant, j’ai rencontré des chrétiens, à des postes de haut niveau dans les universités et les institutions de recherche, qui voulaient relier leur foi à leur travail.

Il est bon de rappeler que le potentiel de la Chine est énorme. Imaginez que les chrétiens chinois prennent vraiment conscience que préserver l’environnement c’est préserver la Création et que la gloire de Dieu passe par un avenir durable? Imaginez que les idées d’A Rocha aient vraiment un écho en Chine ? Il y a trente ans il aurait été impossible que la chrétienté se développe en Chine mais aujourd’hui c’est différent. Ne serait-il pas magnifique de constater qu’une nouvelle génération de dirigeants d’A Rocha soit des chrétiens chinois qui innovent un système national de conservation de la nature à partir de la Bible? Si cette perspective vous plaît, priez avec moi pour l’Église chinoise.

Le livre de Dave sur les fondements bibliques de préservation de la Création, « Planetwise » est disponible en mandarin sur le lien suivant: https://shop.campus.org.tw/ProductDetails.aspx?productID=000501163.

Traduction: Catherine Pizani

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