Du goût dans mon assiette, du bien pour ma planète

Pourquoi est-il important de modifier nos modes alimentaires, de s’interroger sur ce qui se trouve dans nos assiettes ?

Nos habitudes alimentaires ont considérablement évolué depuis le milieu du XXème siècle ; En 1960, une épicerie proposait 2000 produits différents. En ce début de XXIème siècle, nos supermarchés en proposent plus de 15000 ! C’est devenu banal d’acheter des aliments provenant des quatre coins de la planète et, en toute saison, on ne s’étonne plus du tout de trouver une très large variété de fruits et légumes. Pourquoi pas des fraises et des tomates à Noël, des pommes de Nouvelle-Zélande, des haricots du Kenya ?

Mais ce qui n’a pas changé, c’est la source de notre alimentation : notre planète, à travers sa terre, ses arbres, ses océans, et ses rivières, qui abritent ce dont nous nous nourrissons chaque jour. Cette réalité semble évidente, mais il est facile de l’oublier quand le nombre d’étapes de transformation entre le produit de base et le produit fini est tel qu’on ne reconnait plus rien de l’élément naturel dans ce qui atterrit dans notre bouche ! Allez savoir ce qu’il y a exactement dans un bâtonnet de surimi !

Pouvez-vous nous donner quelques chiffres pour illustrer ce lien entre alimentation et environnement ?

On réalise enfin depuis une dizaine d’années que notre alimentation pèse lourd dans la valise de notre impact sur l’environnement : entre sa production, sa transformation, son emballage, sa conservation, son stockage et son transport, notre nourriture est la source la plus importante d’émission de gaz à effet de serre ! Elle passe même devant le transport des personnes !! Par exemple, un produit parcourrait en moyenne 3000 km avant d’atteindre notre assiette. L’agriculture intensive et la monoculture ont entraîné une grave pollution des sols et des eaux : ainsi 91% de nos rivières françaises sont contaminées par des pesticides. Du fait de la standardisation de nos modes d’alimentation, la moitié des races animales qui existaient en Europe au début du XXème siècle et 85% des produits agricoles ont disparu.

Évidemment la question à présent c’est comment réduire notre impact environnemental sans perdre le plaisir de bien manger ?

Je suis persuadée que réapprendre à bien manger peut (et même doit !) rimer avec plaisir ! Faire la cuisine et partager un repas doivent se faire dans la détente. Manger est une activité essentielle de la vie sociale et familiale, alors n’en faisons pas un sujet de stress inutile.

Mais c’est vrai que parfois, devant les rayons, nos réflexes reviennent vite et le temps pressant, nous faisons au plus simple. Préparer les choses en amont, s’informer pour définir ses choix personnels sont des étapes indispensables à des changements durables et sereins.

Par exemple, on peut facilement planifier nos achats en imprimant pour s’aider le calendrier des fruits et légumes de saison. En le parcourant avant d’aller faire ses courses, on s’assure d’acheter des légumes de saison ; en vérifiant aussi les provenances, on peut décider de n’acheter que des produits locaux ; on s’évite une réflexion de dernière minute, et on est cohérent avec la nature. On peut aussi facilement adopter de petites règles simples complétant notre démarche comme d’éviter les produits sur-emballés, ou encore de soigner la conservation des aliments pour éviter le gaspillage.

Les pistes pour agir sont nombreuses, voici quelques adresses de site pour vous aider dans vos choix :

Concrètement à A Rocha, comment ça se passe pour remplir le frigo ?

C’est toute une organisation, et rien n’est figé grâce aux nombreux étudiants étrangers qui alimentent ce sujet de nos choix alimentaires et le maintiennent d’actualité. Concrètement, nous faisons les courses une seule fois par semaine, munis de sacs en toile, au marché local auprès de producteurs locaux, puis au supermarché ; le calendrier des fruits et légumes est affiché dans la cuisine commune et nous avons une petite production dans le jardin, qui nous permet de compléter les apports. La majorité des herbes aromatiques utilisées proviennent du jardin. Compte tenu du nombre de personnes au centre, nous prenons soin d’étiqueter les boîtes de restes au frigo avec la date pour éviter tout gaspillage. Enfin, nous privilégions les goûts et souhaits de tous en faisant tour à tour la cuisine… ce qui permet des menus variés et originaux, puisqu’inspirés de multiples pays et cultures !

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