On vous dit tout sur le baguage…

13 décembre 2019

A A Rocha, on bague des oiseaux depuis 20 ans… ! Mais pourquoi donc ?

Avez-vous déjà vu un oiseau en vous demandant d’où il vient, où il va et pourquoi?

A A Rocha, on se pose ces questions depuis un bon moment, et c’est grâce au baguage scientifique, pratiqué depuis de nombreuses années par nos équipes, qu’elles trouvent une réponse… Voici donc un petit point sur le pourquoi et le comment de ce procédé qui nous permet d’affiner toujours plus nos connaissances de ces magnifiques petites créatures…

Le baguage consiste à individualiser les différents oiseaux avec une bague en métal sur la patte. Chaque bague a un code alphanumérique qui lui est propre. En outre, d’autres marques sont utilisées pour certaines espèces et pour certaines études, telles que les bagues de couleur et les colliers.

Le code de la bague et les mesures effectuées sur l’oiseau sont stockés dans une base de données que nous allons compléter avec les données de recaptures postérieures du même individu. De cette manière, nous pouvons connaître les mouvements des oiseaux, les dates de départ et d’arrivée, les routes migratoires, les aires de reproduction et les aires d’hivernage, etc. Cela nous permet également d’étudier les taux de mortalité et de survie, les taux de renouvellement et la morphologie de la population, les données biométriques et de mue.

Le partage de toutes ces informations au niveau national et international permet de connaître l’évolution de différentes populations et de concevoir des politiques de conservation et de gestion des espèces d’oiseaux.

Dans la Vallée des Baux, A Rocha France étudie le déroulement de la migration (phénologie) à travers le protocole « PHENO », créé par le Centre de Recherche sur la Biologie des Populations d’Oiseaux (CRBPO), l’organisme public français de gestion du baguage et marquage des oiseaux, qui fait partie du Museum National d’Histoire Naturelle. Une fois par semaine, nous effectuons donc une session de baguage. Avant l’aube, nous plaçons les filets dans notre zone de baguage et utilisons des haut-parleurs avec les sons des espèces migratrices pour les attirer vers les filets. Toutes les demi-heures, nous collectons les oiseaux tombés dans les filets, les baguons et les mesurons.

Cette année, les sessions ont commencé la dernière semaine d’août et plus de 630 oiseaux de 36 espèces différentes ont été bagués !

Les espèces les plus nombreuses ont été la rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus) et la fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla), avec plus de cent oiseaux de chaque espèce, puis la mésange bleue (Cyanister caeruleus) avec plus de quatre-vingts oiseaux, et le pouillot véloce (Phylloscopus collybita) avec plus de cinquante oiseaux.

Mais les espèces ne sont pas toujours les mêmes car elles changent tout au long de la migration, par exemple, le pouillot fitis (Phylloscopus trochilus), le torcol fourmilier (Jynx torquilla) et la rousserolle effarvatte sont capturés au début de la migration, tandis que le pouillot véloce, le bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus), le rougegorge familier (Erithacus rubecula) ou la fauvette à tête noire, les dernières semaines.

Pour étudier certaines espèces, nous avons besoin d’une méthode de capture spécifique, dans le cadre du protocole « VOIE ». A Rocha France utilise ce protocole pour le suivi de l’hirondelle rustique (Hirundo rustica). De fin août à début octobre, un baguage est effectué une fois par semaine dans le dortoir d’hirondelles des marais des Baux. Le protocole est similaire au protocole PHENO mais se déroule avant la nuit tombée. Les hirondelles sont capturées dans le filet au moment de se coucher dans la roselière. Nous les collectons puis les baguons et les mesurons en lieu sûr au cours de la soirée, avant de les relâcher le lendemain matin.

 

Cette année, nous avons bagué plus de mille trois cents hirondelles, dont 98% d’hirondelles rustiques  au cours de sept sessions de baguage. Trois d’entre elles avaient déjà été baguées à l’étranger, en Allemagne… Ce fut donc une belle surprise de les retrouver dans nos filets plusieurs mois plus tard, et toujours un émerveillement devant la prouesse que représente le voyage de ces fragiles migrateurs.

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