De passage au domaine des Courmettes, je profite de la présence de plusieurs populations de lézards ocellés sur le site pour tenter d’en apercevoir. Accompagnée d’un stagiaire qui connaît bien les lieux, et avec les conseils de Charlotte, la responsable du pôle nature, nous nous rendons sur les sites les plus propices à l’observation du lézard. L’objectif ? En repérer et tenter de localiser leur gîte.
Connaissant la timidité du lézard ocellé, la mission s’avère compliquée. En effet, s’il sent un intrus approcher, sa première réaction est de fuir dans son terrier ou vers un abri proche pour se dissimuler. Nous pourrions passer plusieurs heures sur le terrain sans en apercevoir un seul…
Mais qui est le lézard ocellé ?
Le lézard ocellé est le plus gros lézard d’Europe : sa longueur peut atteindre 70 cm. À côté du célèbre lézard des murailles, c’est un géant ! Son corps est recouvert d’écailles vert pâle, marbrées de noir et ponctuées d’ocelles bleues sur les flans. A priori, il est donc facile à reconnaître.
Il apprécie les zones plutôt arides et bien ensoleillées avec une végétation basse. La température de son corps dépend de celle de son environnement. Pour se réchauffer, il se met au soleil, ce qui explique son attrait pour les zones arides.
Sa présence sur le domaine des Courmettes est un indicateur de bonne santé des écosystèmes. En effet, s’il est là, c’est qu’il trouve à manger. Friand d’insectes, notamment de coléoptères et de petits arthropodes, sa présence indique la présence de ceux-ci. Si ces insectes sont là, c’est qu’ils trouvent à manger, montrant que les plantes et sols sont en bonne santé. C’est le principe de l’écosystème et de ses interactions complexes.
La rencontre avec le lézard
Nous approchant d’un site où des lézards ont déjà été observés, nous avons directement une bonne surprise : installé sur un rocher, un lézard ocellé est en train de profiter du soleil. Nous commençons donc par l’observer aux jumelles. Nous aimerions savoir où cet individu a son gîte. Pour cela, je reste loin, à surveiller aux jumelles, pendant que mon collègue tente une approche.
Un craquement de pas, et nous voilà repérés ! Le lézard s’enfonce entre les rochers. Alors, commence un petit jeu de discrétion, de part et d’autre. Il sait que nous sommes là et ne ressortira que très prudemment. Nous souhaitons nous approcher pour mieux l’observer, nous nous faisons aussi discrets que possible.
Un instant, j’ai l’impression d’être Vincent Munier sur les traces de sa panthère des neiges. Juste un instant, car il n’y a pas de neige ici et aucun appareil photo de qualité pour immortaliser l’instant !
Lorsqu’il se montre à nouveau, nous restons figés. Il ne sort pas en entier, mais sa tête est facilement observable, bien à l’affût. Là, je prends conscience de quelque chose : même si j’avais vu de magnifiques photos du lézard ocellé, il n’y a rien de mieux que de le voir en vrai. Même d’un peu loin, même avec une qualité d’image moyenne. En effet, il s’est instauré un interaction entre nous. Pendant quelques minutes, nos chemins se sont croisés. Deux créatures de Dieu très différentes, mais faisant partie de ce tout. Et cette interaction, aucune photographie ou vidéo ne pourra la remplacer.
Se reconnecter à la nature
Et si c’était cela, se reconnecter à la nature ? Prendre le temps d’interagir avec ces créatures, dans le respect de chacune. Observer la manière dont la paupière du lézard bouge lorsqu’il cligne des yeux. Écouter les intonations du chant du merle qui vit près de chez nous. Regarder l’interaction entre les branches des arbres et le vent qui les fait danser. Il y a là toute une louange à la gloire de Dieu qui motive encore plus à préserver le vivant.
Yoanna, coordinatrice du Réseau Ambassadeurs A Rocha