Quelques échos de notre séjour à l’autre bout du monde

Claire, mon épouse, et moi (J.F.) sommes de retour après presque 9 mois passés à l’autre bout du monde — littéralement –, dans la ville de Dunedin, au sud de l’île du sud de la Nouvelle-Zélande. Il est difficile de résumer une telle aventure en quelques paragraphes tant elle a été riche, profonde et surprenante.

Un séjour à l'autre bout du monde

D’abord, c’est la reconnaissance qui domine. Reconnaissance envers notre Seigneur qui a rendu ce temps sabbatique possible, notamment en inspirant la générosité d’un donateur qui a contribué au financement de mon salaire pendant cette année, et l’engagement de Rachel Calvert, la présidente d’A Rocha France, et de toute l’équipe, qui ont accepté avec beaucoup de générosité et d’esprit de service d’assurer notre remplacement en notre absence.

Très tôt dans la préparation, nous avons eu le sentiment d’être conduits vers ce pays par une série de « hasarDs » en forme de clin Dieu 😉. Et pourtant, avec le recul, tout s’est mis en place avec une fluidité déconcertante. Comme si les portes s’ouvraient les unes après les autres, alors même que nous ne connaissions presque personne en Aotearoa (le nom maori de la Nouvelle-Zélande).

Il y a eu la suggestion de la destination par Peter Harris, l’accueil à bras ouverts du département de théologie de l’Université d’Otago, les visas obtenus sans difficulté, puis l’émergence improbable d’un échange de maisons — et même de voitures — à proximité de l’université et du lycée de nos garçons. Tout cela a rendu cette année possible de manière très concrète.

Et puis il y a eu le voyage. La Nouvelle-Zélande étant presque à égale distance de la France par l’est ou par l’ouest, nous avons eu le privilège de pouvoir transformer notre trajet vers les antipodes en véritable tour du monde avec nos garçons, avec des arrêts “sur le chemin” en Islande, Canada, Fidji à l’aller, et Singapour, Malaisie, Philippines au retour… autant d’étapes marquées par des rencontres et une hospitalité remarquables. En Nouvelle-Zélande même, nous avons été portés par la même générosité de personnes qui ont ouvert les portes de chez elles pour nous accueillir. Nous en avons été profondément marqués.

Ce qui nous a le plus touchés, peut-être, c’est l’atmosphère générale  : des relations humaines apaisées, beaucoup de bienveillance, de respect dans les interactions quotidiennes, et une absence d’agressivité qui tranche parfois avec les tensions souvent palpables en France. Dans un pays régulièrement classé parmi les plus sûrs et les plus pacifiques du monde, nous avons fait l’expérience concrète de ce climat de confiance.

Université d'Otago (Nouvelle-Zélande)
L'université d'Otago

Avec le Conseil d’administration, nous avions défini trois objectifs pour ce temps sabbatique :

  • prendre du recul après des années d’engagement intense, nous recentrer sur Jésus et discerner la suite ;
  • approfondir certaines compétences, notamment en théologie ;
  • nous reposer, ralentir, vivre du temps de qualité en famille et offrir à nos enfants une expérience fondatrice.

Avec gratitude, nous pouvons dire aujourd’hui que ces trois objectifs ont été pleinement atteints — et même dépassés. 

J’ai particulièrement apprécié d’avoir du temps pour lire sur des sujets variés et j’ai eu le privilège de pouvoir suivre une dizaine de cours de théologie qui m’ont permis d’approfondir mes connaissances et de renouveler mes réflexions.

Bien sûr, l’espace manque ici pour raconter les paysages, les rencontres, les conversations, les surprises du chemin, ou encore la beauté de la faune et de la flore observées tout au long de cette année. Mais ceux qui passeront aux Courmettes dans les prochains mois auront l’occasion d’en entendre quelques échos autour d’un repas, et de voir quelques photos. Et pour ceux qui ne pourront pas venir aux Courmettes, j’espère avoir la joie de retrouver beaucoup d’entre vous pour en parler de vive voix.

Au-delà des souvenirs, je reviens avec une conviction renouvelée et un désir profond : plus que jamais, face à la crise écologique, il nous faut être des lanceurs d’alertes, et prêcher le réveil et le retour à une vie simple et joyeuse, centrée sur l’Evangile, inspirée par Jésus, loin des sirènes du consumérisme. Les chrétiens ont un rôle essentiel à jouer dans ces temps troublés et doivent rappeler notre espérance ultime : la restauration et le renouvellement de la création.

Cette année n’a fait que renforcer ce que le Seigneur a déposé sur mon cœur depuis vingt ans : l’appel à prendre soin de la création, à se battre contre l’inertie face au changement climatique, à en parler, à former, à encourager, à agir.

Lion de mer à l'autre bout du monde, en Nouvelle-Zélande
Un lion de mer

À l’heure où les canicules se répètent, où le détroit d’Ormuz risque de se fermer, et où la création « soupire et souffre les douleurs de l’enfantement » (Romains 8.22), nous sommes appelés à tenir ensemble la prière, l’espérance et l’action.

Je reprendrai donc avec joie mes déplacements à travers la France pour partager sur ces questions dans les Églises, les groupes et avec ceux qui le souhaitent. Si vous désirez organiser une intervention, n’hésitez pas à me contacter. Ou participez avec moi à la préparation de la COP31.

Et si vous souhaitez vivre un temps plus immersif, nous vous invitons également aux Courmettes cet automne pour une session consacrée à mieux comprendre les enjeux climatiques, prier ensemble et discerner des pistes d’action concrètes (du 18 au 24 octobre aux Courmettes).

Jean-François Mouhot

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